Nos orientations

Le parti de l'écologie intégrale démocratique

Génération Écologie est le parti de la rupture avec les visions qui considèrent l’écologie comme une dimension parmi d’autres. Notre projet, que nous nommons l’écologie intégrale démocratique, fait le lien entre les alertes scientifiques qui annoncent que « bientôt il sera trop tard » et des propositions pour inscrire le respect de la Terre et de la Nature dans les fonctionnements démocratiques, par la loi et par la société mobilisée. Il associe les sciences et la démocratie. Il repose sur les principes de réalisme, de responsabilité et de transparence. Dans le champ politique, l’écologie est aujourd’hui maltraitée, prioritaire le temps d’un discours mais jamais dans les actes. Nous voulons l’ancrer dans la réalité des pratiques, des plus quotidiennes aux échelons les plus élevés de l’Etat.

Notre parti a été fondé par des pionniers de l’écologie politique, actifs dans le travail de terrain et issus de la tradition des femmes et des hommes de sciences qui, comme Yves Pietrasanta et tant d’autres, ont anticipé, il y a près de trente ans, les destructions et les désordres en cours.

A l’heure où tout s’accélère, une nouvelle page s’ouvre dans l’histoire de notre mouvement. Les données sur l’effondrement du vivant, les modifications radicales du climat et la dégradation de l’habitabilité de la Terre justifient notre projet politique. Nos orientations visent l’ensemble du système et des échelons de pouvoir, local, national, européen et au-delà. Elles concernent la société, les citoyens, mais aussi l’Etat et les entreprises, les collectivités locales, l’ensemble des générations.

La prédation sans limite de l’humanité sur les ressources de la planète génère une expansion folle des inégalités. En fait, la destruction de la nature est à la base du système de production et de sur consommation qui sème partout la misère, entraine migrations économiques et climatiques, et troubles sociaux les plus divers, parmi lesquels la montée en puissance des totalitarismes, terrorisme en tête.

En ce début de 21ème siècle, l’écologie est LA question historique et vitale qui s’impose à l’humanité, celle d’un changement de civilisation auquel aspirent chaque jour davantage de citoyens.

Ce n’est pas un hasard si, face aux bouleversements en cours, les partis politiques traditionnels sont à la peine. Ceux qui ont le pouvoir, qu’il soit économique ou politique, s’enferment dans le refus de reconnaître les limites planétaires et la responsabilité liée à l’Anthropocène, cette nouvelle ère à l’échelle des temps géologiques marquée par la capacité de l'humain à transformer la Terre.

Si l’espèce humaine possède ce pouvoir immense de destruction, nous voulons croire qu'elle est aussi capable de bâtir une nouvelle évolution de civilisation, respectueuse de l’humain et du terrestre, notamment du bien-être animal et porteuse d’un nouveau regard sur la sensibilité du végétal. Offrir aux femmes et aux hommes la possibilité d'une plus grande justice, d'une économie réparatrice, coopérative et circulaire, d'une nouvelle extension de la démocratie, d'une Terre qui retrouvera sa vitalité et sa beauté, c'est sortir de la surproduction, de la surconsommation. Il faut agir maintenant.

C’est pourquoi nous combattons radicalement toutes les visions qui dissocient l’écologie des autres enjeux. Nous voulons promouvoir une nouvelle vision globale et systémique : Pour nous, c’est l’écologie d’abord !Elle commande et conditionne notre existence ; elle est donc le nouveau projet politique qui détermine nos choix économiques et sociaux.
C’est le sens que nous donnons à l’écologie intégrale, par laquelle nous proposons d’aborder TOUS les défis économiques, sociaux, numériques, sanitaires, culturels, éducatifs, démocratiques et géopolitiques de notre époque sous l’angle de l’écologie.

Tous les êtres vivants de la planète sont issus du même être unicellulaire, tous embarqués sur le même vaisseau, tous liés les uns aux autres par des relations tout à la fois complexes et nécessaires, qui les relient dans un destin commun.

La course folle pour s’approprier les richesses n’est pas un modèle valide de civilisation. Elle épuise les ressources disponibles jusqu’à l’extinction et n’apporte en aucun cas le bonheur auquel aspire chaque être humain. Bien au contraire : elle détruit le vivant, tout comme elle est en train de transformer physiologiquement l’espèce humaine, ce dont témoigne par exemple l’effondrement de la spermatogenèse, la pandémie mondiale liée aux pollutions chimiques et leurs effets trans-générationnels.

Le parti de l'écologie populaire et de gouvernement

En France, comme en Europe et dans le monde, l’écologie a besoin d’une nouvelle force. Et ceci pas seulement dans la perspective de conquérir le pouvoir pour accomplir notre projet dans sa plénitude. Mais dès à présent, car chaque jour qui passe doit être utile pour créer les rapports de force à même de peser sur le cours des décisions prises par ceux qui sont aux responsabilités.

Notre priorité est de sortir l’écologie politique de sa marginalisation.

Nous nous adressons à l’ensemble des citoyens, à la jeunesse comme à toutes les générations, avec pour ambition de construire dans la société une majorité culturelle pour l’écologie. A travers notre parti, nous voulons insuffler une dynamique afin de porter dans le champ politique les valeurs de l’écologie déjà sous-jacentes dans la société.

Nous défendons une écologie ouverte, de la vie quotidienne, populaire, utile, ancrée au plus près des citoyens pour répondre à leurs préoccupations immédiates et essentielles: le droit à une alimentation saine sans pesticide, sans additif, produite localement ; le droit à une vie en bonne santé ; le droit à une nature préservée ; l’accès de tous aux biens communs fondamentaux dont nous refusons la marchandisation ; l’exigence d’une justice qui protège réellement et efficacement ces droits. La lutte contre la malbouffe et les perturbateurs endocriniens, pour la sauvegarde de la biodiversité, pour la qualité de l’eau et un habitat décent, pour la sobriété énergétique, les énergies renouvelables ou encore contre la pollution de l’air – troisième cause de mortalité en France ! - sont au centre de notre projet politique.

Nous nous définissons comme le parti de l’écologie de gouvernement, déterminé à bâtir la crédibilité économique et socialedu projet de transformation écologique, qui a tant fait défaut jusqu’ici. L’écologie ce n’est pas seulement l’environnement, c’est aussi un budget écologique, un État écologique, des politiques publiques qui, dans tous les domaines, organisent l’empreinte écologique positive et la résiliencede notre société.

Notre projet politique est ancré dans le réel en vue de l’exercice des responsabilités de l’État.

Nous sommes convaincus que le déclassement industriel de la France et de l’Europe ne peut être stoppé que par une politique vigoureuse de régulation et d’investissements pour les économies d’énergie et la sortie des énergies fossiles, un nouvel aménagement du territoire, une transformation profonde de notre modèle agricole et productif, en opérant un changement de paradigme. Cette révolution passe par une décentralisation accrue, de nouveaux modes de distribution et d’échanges, et s’appuie sur le savoir-faire des PME et des TPE, principales créatrices d’emplois. Nous voulons des modes de production circulaires qui tiennent compte de l’ensemble des étapes de la production, de la consommation et du recyclage ou de la fin de vie des produits. Nous voulons une relation entre société et territoires qui respecte la biodiversité et des modes de vie plus humains. Nous voulons que la révolution numérique soit mise au service du progrès écologique et démocratique. Nous voulons une économie basée sur la coopération au lieu de la compétition. Nous voulons que les savoir-faire citoyens trouvent leur place dans les décisions qui engagent l’existence des générations présentes et futures.

Dans cette perspective, nous nous appuyons sur toutes celles et ceux qui agissent concrètement:

Sur les combats de la société civile, et toutes les luttes écologiques que nous faisons nôtres ;

Sur les travaux des chercheuses et des chercheurs de toutes les disciplines, ainsi que sur l’expertise et les sciences citoyennes;

Sur les entreprises, en particulier les PME et les ETI, qui, loin du « business as usual » des multinationales, orientent d’ores et déjà leurs modes de production vers les innovations de la révolution des usages, l’économie circulaire et bio-sourcée, l’économie sociale et solidaire ; sur les agricultrices et les agriculteurs en pointe dans l’agro-écologie ;

Sur une écologie ancrée dans l’action locale des territoiresqui agissent, en métropole comme dans les Outre-Mer. Richesse humaine et naturelle inestimable qui permettent à la France d’être présente sur tous les océans, les Outre-Mer sont en première ligne face au réchauffement climatique et concentrent 80% de la biodiversité française, avec un potentiel considérable pour toutes les solutions d’avenir pour l’autonomie énergétique, la gestion durable des ressources et l’organisation de la résilience des territoires et de la Nation.

Nous affirmons que la condition de la reprise en main par l’humanité de son destin passe par le combat sans merci contre les lobbies et la technocratiequi organisent dans les coulisses l’impuissance publique. Un État écologique, c’est un État qui réhabilite le pouvoir politique légitimement élu, qui met en oeuvre une régulation au service de politiques publiques de respect de la biodiversité et de lutte contre le dérèglement climatique, et qui organise l’interaction avec les citoyens. Nous voulons la fin des domaines réservés de la décision, cette conception qui a permis la construction du nucléaire sans jamais imaginer comment en sortir, d’une agriculture biberonnée aux poisons chimiques, d’une pollution à grande échelle qui fait régresser la santé publique. Un État écologique écoute les citoyens, défend les libertés collectives et individuelles contre les pouvoirs de l’argent et la confiscation de la puissance publique par des intérêts particuliers. Un État écologique traque les conflits d’intérêts, les petits accords entre amis, les renvois d’ascenseur au sommet du pouvoir. Nous ne transigeons pas sur le respect de la morale publique.

Nous sommes porteurs d’une transformation démocratique des institutionset de l’État et de nouvelles conquêtes pour la souveraineté des citoyens, à commencer par l’exigence d’une souveraineté numériquequi prolonge dans le cyberespace le projet républicain pour mettre la révolution numérique au service de tous plutôt qu’au service des oligopoles de l’internet.

Un État écologique est démocratique, largement décentralisé, bienveillant, égalitaire, laïque, républicain, féministe, européen et internationaliste.

Pour nousl’écologie est sociale. Nous considérons l’explosion des inégalités et la destruction de la nature comme les deux faces de la même médaille : celle d’un modèle où le profit est basé sur la pollution, la surconsommation et la compétition. La réduction des inégalités sociales passe par l’écologie. Face à la dégradation des conditions de vie, notre projet social repose sur la coopération et le travail, pour une économie sobre en ressources mais riche en intelligence et en savoir-faire matériels et immatériels.

Pour nous l’écologie est non-violente, démocratique et républicaine, sans ambiguïté possible car les moyens déterminent la fin. Nous inscrivons la civilisation écologique dans le prolongement de la Révolution française et comme une nouvelle étape du combat pour le progrès universel des droits humains et la paix. Nous faisons nôtre les combats contre toute forme de discrimination, pour la diversité et pour les nouveaux droits humains en lien avec les évolutions de la société.

Pour nousl’écologie est féministe. Génération Écologie se conçoit comme le parti de la révolution féminine. La loi sur la parité ne suffit pas. Nous voulons la liberté pleine et entière des femmes et la féminisation du pouvoir, partout, à tous les niveaux économiques, sociaux, culturels et politiques, dans tous les domaines. Nous affirmons que le mouvement universel pour l’égalité et la mixité porté par les femmes est un des leviers les plus puissants de la transformation de notre modèle de civilisation.

Défenseurs de la laïcitécomme principe d’émancipation face à l’ingérence de toute religion dans la sphère publique, nous reconnaissons la dimension éthique de l’écologie, qui s’adresse à l’intimité de chacun. La rupture avec le consumérisme et une nouvelle relation avec la nature supposent à nos yeux un nouvel âge de l’humanité, une conscience personnelle et collective de la communauté de destin qui nous unit au vivant animal et végétal.

Pour nousl’écologie est transmission. L’écologie est au cœur de l’éducation et de la formation de toutes les citoyennes et citoyens, à tous les âges, tout au long de la vie. Connaître et comprendre les interactions de l'Homme avec son environnement, c'est se donner la possibilité de penser plus librement, de choisir avec responsabilité, d'agir en toute conscience. Un projet d'écologie politique n'a de force que s'il est construit, porté et nourri par, pour et avec des citoyens avertis, à tous les stades de leur développement, de leurs compétences, de leurs capacités. C'est pourquoi notre projet s'ancre dans la conviction que l'éducation s'adresse à tous, qu'elle est de tous les instants, que chacun éprouve le besoin et le désir d'apprendre et d'évoluer, et qu'il en a le potentiel. L’écologie doit conquérir le cœur de l’opinion publique par la conviction, la persuasion et non par la peur, les tabous ou la contrainte.

Le parti de l'écologie libre et indépendante

Pour les trois années qui viennent, notre orientation stratégique est celle de l’autonomie et de l’indépendancede l’écologie que nous voulons construire comme un nouvel acteur majeur du paysage politique en France. Génération Écologie se positionnera en fonction des objectifs que nous avons définis sans a priori ou idée préconçue autre que faire aboutir notre projet et concourir à un avenir meilleur.

Il faudra pour cela entendre les avertissements que lancent les électeurs. Un citoyen sur deux ne prend même plus la peine d’aller voter. Notre parti est un parti « évolutionnaire » qui a pour ambition de faire bouger les lignes de l’écologie politique, de faire évoluer la conception de cette pensée politique et de rétablir les relations des hommes à leurs environnements sur sa seule véritable fondation, la Terre.

Nous prenons acte de l’incapacité des forces politiques traditionnelles, de gauche comme de droite, en dépit des quelques apparentes doses d’écologie dans leurs programmes, à prouver dans les actes qu’ils placent cette cause au devant de toute autre considération. Il en va de même du pouvoir actuel qui reste prisonnier de l’ancien monde. Ni hier ni aujourd’hui la « religion de l’économisme » n’apporte aux Français le projet de société qu’ils sont en droit d’attendre. La place accordée à l’écologie dans un gouvernement qui n’est pas écologiste n’est définitivement pas une question de personne, mais bien de projet et de structure du pouvoir.

Dans ce contexte, paradoxalement, l’écologie, qui est partout dans la société, n’est plus nulle part dans le paysage politique, en tout cas pas au premier plan. En dépit de la valeur de ses militants, les forces traditionnelles de l’écologie politique se sont discréditées au niveau national dans des jeux politiciens qui ont confondu le marché électoral et le combat politique.

Désormais, notre ambition est d’ouvrir une nouvelle page de l’histoire de l’écologie politique. Avec humilité, car Génération Écologie a aussi connu depuis sa fondation les vicissitudes et les aléas de la difficulté de la tâche, mais avec force et détermination.

Nous savons que des milliers de citoyennes et citoyens ne se retrouvent pas dans les pratiques politiques actuelles et attendent une nouvelle espérance, en résonance avec une quête de sens et de nouvelles aspirations collectives au bien-être. Les bouleversements du paysage politique commencés en 2017 ne sont pas achevés. Nous avons pour ambition de combler le vide actuel, étape après étape, en ne perdant jamais de vue que notre priorité est les échéances des élections locales qui doivent asseoir la construction de notre mouvement dans les territoires et faire émerger une nouvelle génération d’écologistes.

Au service exclusif de la cause de l'écologie

Génération Écologie est au service de toutes celles et ceux qui, dans la société civile, s’engagent, combattent, se mobilisent pour notre cause. Nous sommes au service des ONG, des collectifs citoyens, des élues et des élus dans les territoires, des entreprises en pointe dans l’innovation, des intellectuels et des scientifiques qui disent et pensent le monde d’aujourd’hui et les moyens de le transformer. Notre parti ne se demande pas ce qu’ils peuvent faire pour nous, mais ce que nous, nous pouvons faire pour les aider.

Nous déterminerons à chaque étape nos orientations et nos choix politiques en fonction de cette seule boussole :ce qui fait avancer l’écologie aura notre soutien, ce qui la fait reculer sera combattu. Ce sera notre ligne de conduite constante, au niveau national comme local. Nous refusons le sectarisme comme toutes les postures politiciennesqui ont fait tant de mal à l’écologie politique. A ceux qui prétendent défendre la même cause que nous, nous demanderons des preuves, dans les actes, de leur engagement.

Forts de nos expériences dans leur diversité, nous voulons faire grandir Génération Écologie comme une nouvelle forme de parti politique du 21ème siècle, en réseau, réellement décentralisé, favorisant l’épanouissement de tous les talents et les compétencesde ses adhérents, aux antipodes de ce que nous ne voulons plus voir ni vivre en politique. Nous entendons déployer de nouvelles formes d’action citoyenne.

Communication, agilité, proximité, réactivité, prise en compte réelle de l’avis des membres, tout est à construire ! Notre Écologie entend penser, instituer et accompagner toutes les formes de démocratie directe afin de prendre en compte l’expertise des citoyens. En notre sein, la richesse des points de vue et l’expression même des désaccords seront la base de notre intelligence collective et de l’unité de notre expression.

Au niveau national, nous porterons à l’Assemblée nationale la voix de tous les combats pour l’écologie, mais aussi nos propositions pour faire la preuve du sérieux de notre projet. Nous travaillerons avec toutes celles et ceux qui veulent atteindre les mêmes objectifs.

Au niveau régional, local, municipal, nous prônons une décentralisation accrue et l’égalité entre les territoires, avec des moyens financiers à la hauteur des enjeux pour libérer la capacité d’action des collectivités. Nous voulons des actions intégrées de tous les niveaux de pouvoir de manière transversale, horizontale et verticale. Pour cela nous voulons des élues et des élus qui écoutent, qui travaillent, qui se parlent, qui communiquent entre eux et avec les électeurs dans une concertation permanente. Nous considérons l’action locale dans les territoires, urbains comme ruraux, comme un levier essentiel pour redonner la souveraineté aux citoyennes et citoyens et faire avancer le bien commun. Nous pensons local pour agir global.

Au niveau européen, nous voulons œuvrer à une réforme profonde des institutions européennes pour les rendre démocratiques et indépendantes des lobbies de la finance et des grandes entreprises multinationales, internationales mais aussi européennes. Nous sommes des militants de l’idéal européen. L’Europe est le niveau d’action indispensable pour agir pour l’écologisation de la planète toute entière. C'est aussi dans l'espace européen que peuvent être énoncées les règles qui vont protéger les citoyens ainsi que notre patrimoine naturel et culturel. Sans une réforme profonde, l'Union européenne nous devient de plus en plus étrangère. Adepte du libre-échange sans contrainte, elle n'assure plus le rôle moteur que nous voudrions lui donner aujourd'hui. Génération Écologie
n'acceptera pas de demi-mesures ou de vagues compromis et soutiendra celles et ceux qui voudront réformer profondément l'Europe pour la remettre au service des citoyens.

Au niveau mondial, nous voulons inscrire dans le droit international le crime d’écocide et la primauté des enjeux climatiques et écologiques sur le commerce international. Nous voulons reconnaître la diversité des savoir-faire écologiques de tous les peuples, et notamment des pays du Sud : chaque société a su s'adapter par son génie propre et ses expériences au territoire qu'elle occupe, grâce à la valorisation de pratiques souvent communautaires et raisonnées. Nous les considérons comme autant de savoirs et savoir faire inestimables à protéger et comme des sources d'inspiration et de recherche.

Par définition l'écologie est une. Les politiques écologiques ne peuvent qu'être globales, internationalistes et multilatérales. Nous souhaitons la création d’une « internationale » écologiste, organiser un Bandung écologiste avec les Etats fondamentalement tournés vers la pensée et les actions écologiques. Nous nous appuierons sur les structures et les mouvements internationaux déjà existants, tels que l'UNEP ou le Forum Social Mondial, qui constituent un cadre, certes perfectible, pour l'émergence d'une nouvelle forme de géopolitique mondiale qui reposera sur la préservation du vivant et la concorde entre tous les occupants de la biosphère terrestre. Si fragile et concentrée qu’elle est équivalente à une couche de seulement 10 centimètres si elle était répartie sur toute la surface du globe, elle est à la fois notre Terre et notre Humanité à défendre.

Écologie intégrale : le manifeste

le manifeste

Par ce manifeste, Delphine Batho tire les conséquences de l’incapacité des forces politiques traditionnelles à apporter des réponses à l’effondrement qui menace à brève échéance notre civilisation, et même les conditions naturelles d’existence de l’humanité.

A partir d’un constat implacable de la dynamique destructrice de l’Anthropocène, elle propose une nouvelle grille de lecture du monde qui nous entoure et affirme que les sociétés humaines doivent désormais choisir entre l’écologie ou la barbarie.

Dans le vide politique actuel, marqués par les reculs sur l’écologie et la fin d’un consensus trompeur sur la transition à opérer, ce manifeste définit l’écologie intégrale comme un projet politique global, en rupture avec le libéralisme et le socialisme.

Les fondements théoriques de l’écologie intégrale engagent toutes les dimensions d’un projet de société cohérent, de l’action de l’Etat au modèle économique, en passant par la démocratie, le rapport au travail et à la politique de sécurité. Ils engagent également nos repères culturels au travers de l’écoféminisme et du rapport à la Nature dont il faut faire le nouveau moteur de l’histoire.

L’écologie intégrale tranche ainsi tant avec la vision néolibérale qui organise le sur-enrichissement d’une minorité qu’avec la promesse socialiste d’un enrichissement matériel infini et partagé. Car l’un et l’autre débouchent sur l’empoisonnement de nos milieux de vie et la dégradation de l’habitabilité de la Terre.

Il convient donc ce toute urgence de sortir de cette double impasse, afin de bâtir une société nouvelle, intégralement écologique, respectant la dignité de chacun comme celle du vivant en général.

Écologie intégrale. Le manifeste, de Delphine Batho, postface de Dominique Bourg, éditions du Rocher, janvier 2019, 120 p., 9,90 €.